* Nous sommes le 24 mars, 3e jour du printemps, et il neige depuis hier.
Cette vision blanche et magnifique m'avait manqué, mais j'aurais préféré ne plus avoir à la rencontrer.
Ces boules blanches formées de milliards de petites étoiles. Rares sont les choses plus belles qu'elles.
Belles, mais pourtant si froides, si douloureuses. Ces pétales de glace, je les ai en mon coeur en ce moment. Depuis que cette douleur insurmontable s'est installée en moi, il neige. Parfois grelons de colère, parfois flocons de nostalgie, parfois fondante pour le reflet de mes larmes ... Ce paradis blanc me fait sourire de par la fenêtre. Cette délicatesse et cette douceur avec laquelle ces étoiles tombent, comme chaque souvenir du passé, chacuns si merveilleux, dansants, trébuchants, puis se relevant pour continuer sur la mélodie ... jusqu'à s'écraser sur le sol, comme de la vulguaire poussière. Est-ce cela que deviennent les souvenirs ? De la poussière ... ? Je ne peux lui en vouloir d'être ainsi car trop de bonheur il m'a apporté ... je ne comprends juste pas. Comme je ne comprends pas que ces choses magiques descendent du ciel sous le ritme de mon mal. Un paradis sur terre, c'est ce que m'apporte le ciel. Un moyen de s'isoler, de continuer à rêver, d'oublier ... mais à quel prix ... Même pour le plus beau des diamants je n'aurais échangé son amitié. L'a-t-il seulement compris ? A-t-il seulement réalisé ce qu'il représentait pour moi ? Peut-être m'a-t-il toujours trompé. Peut-être m'a-t-il toujours menti ... Je joue à la folle, à celle qui toujours va bien. Je n'ai pas son talent d'écriture, de persuasion. Mais est-ce tout cela l'important ?
Flocon éternelle. Tombe, devient eau, s'évapore, fait le tour du monde avec le vent, remonte encore, tombe, devient eau ... Tu m'as dit que rien d'était éternel.
Flocons pareils. Tombent côtes à côtes, deviennent eau, s'évaporent, tournent, remontent encore, et tourbionnent en dansant ensemble ... Tu m'as dit qu'on ne connaîssait jamais vraiment quelqu'un.
Peut-être as-tu tout prévu depuis le début, peut-être ne l'as-tu pas fait qu'à moi. Tel la nature faisant retomber la neige à chaque fois. Je me suis isolée, j'ai cherché à te comprendre. J'ai pris de la distance pensant règler les choses, je suis revenue. Rien n'a changé, j'ai pleuré. Des larmes que j'aurais voulu garder. Des larmes que j'aurais voulu ne pas déverser pour toi ... Je cherche toujours, il neige sans cesse. Peut-être cela veut-il dire que tout n'est pas finit ? Je ne crois pas aux signes. Je m'y accroche ... je me croyais forte, dans ma bulle. Personne ne sait m'en détacher, j'y suis bien, à ne voir que le côté positif de la vie. Mais tu as su la briser, comme le vent faisant dériver ces étoiles devant moi, tu as changé ma route. Je ne sais pas si c'est le bon chemin, mais j'ai décidé de prendre la vie comme elle vient ... une chose est sûre, certaine, je ne t'oublierais jamais, rien n'a changé pour moi. *
Je t'aime grand frère.
